Cependant, un aspect moins souvent souligné mérite attention : ce sanctuaire est le plus ressemblant, par son architecture et son esprit, au sanctuaire sacré de l’Émir des croyants (que la paix soit sur lui).
Le noyau originel de ce sanctuaire était la maison du vénérable Imam Hadi (que la paix soit sur lui). Après son exil à Samarra ordonné par le calife abbasside al-Mutawakkil, l’Imam l’acheta pour y résider avec sa noble famille. Après son martyre aux mains des Abbassides, cette même demeure devint son lieu de sépulture, puis celui de l’Imam Hassan al-Askari (que la paix soit sur lui). Pendant plusieurs années, elle servit de lieu de ziyara clandestin pour les chiites.
Ce n’est qu’en 333 de l’hégire que Nassir ad-Dawla al-Hamdani fit ériger un dôme sur le mausolée des deux Imams. Par la suite, les Daylamites placèrent un précieux cénotaphe sur la tombe sacrée et procédèrent à une restauration remarquable du dôme et du sanctuaire de Samarra.
Mais à partir de quand ce sanctuaire illuminé devint-il semblable au sanctuaire sacré de l’Émir des croyants (que la paix soit sur lui) ?
Le voyageur et chroniqueur de l’époque qajare, Mir Abd al-Latif Khan Shushtari, écrit dans son ouvrage Tuhfat al-Alam : « Ahmad Khan Khou’i, l’un des gouverneurs de l’Azerbaïdjan et l’un des hommes vertueux de son temps, envoya Mirza Mohammad Rafi‘, fils du Mostowfi al-Mamalek — l’un des savants éminents de son époque et l’une des figures de cette contrée —, à Samarra (Sourra man ra’a) avec une somme considérable, afin qu’il reconstruisît cette noble tombe et le souterrain où eut lieu la Grande Occultation, sur le modèle de l’Astan de Nadjaf ach-Charif. Des artisans et architectes expérimentés venus d’Iran l’accompagnaient. Après avoir obtenu l’autorisation du pacha, les ouvriers commencèrent les travaux. »
C’est à cette même période que, conformément au testament d’Amir Kabir, une restauration complète fut réalisée grâce à ses biens personnels, incluant la dorure du dôme, la réparation et le carrelage du sanctuaire, de la cour et des iwans.
C’est ce sanctuaire que les wahhabites ont détruit en Mouharram 1427 de l’hégire.
Aujourd’hui, alors même que la reconstruction de ce sanctuaire sacré est en cours, la voix de l’oppression subie par l’Émir des croyants et ses descendants immaculés (que la paix soit sur eux) résonne plus fort que jamais aux oreilles de ceux qui savent entendre.