Ce verset constitue l’un des trois passages coraniques révélés directement relatifs à l’événement de Ghadir Khum. D’après les sources chiites et un grand nombre de sources issues de savants sunnites, le message que le Prophète fut chargé d’annoncer conformément à ce verset concernait la Wilāyah (autorité) d’Ali ibn Abou Taleb (paix sur lui).
Dans un passage de la ziyārat al-Ghadiriyya, il est dit :
« Dieu le Très-Haut a exaucé la prière de Son Prophète en ta faveur. Ensuite Il lui a ordonné de manifester ce qui faisait de toi le digne commandant de sa communauté, afin d’élever ton rang, de rendre éclatante ta preuve, de dissiper le faux et de réduire au silence toutes les excuses.
Et lorsque le Prophète craignit les troubles des impies et redouta les manœuvres des hypocrites à ton sujet, le Seigneur des mondes lui révéla : « Ô Messager ! Transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur ( Au sujet de la désignation d’Ali ibn Abou Taleb (que la paix soit sur lui) aux fonctions de Wilāyah et d’Imamat au sein de la communauté.). Et si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protégera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants. »
Le verset 67 de la sourate al-Maʾida est ainsi considéré comme l’un des versets concernant « Ali » révélés à Ghadir Khum, avertissant le Prophète que l’absence de proclamation et la “non-annonce” de la Wilāyah de l’Émir des croyants équivaudrait à ne pas avoir transmis la mission prophétique elle-même.
L’Imam al‑Hadi (paix sur lui) lors de la visite de l’Imam Ali au jour de Ghadir Khum
Lors de la ziyarah de l’Émir des Croyants le jour de Ghadir, l’Imam Ali al‑Hadi (paix sur lui) il s’est référé à la révélation de ce verset :
« Paix sur toi, ô mon Maître et Commandant, ô Émir des Croyants !
Je témoigne que tu fus comblé d’éloges par Allah, que tu fus sincère dans Son obéissance, que tu n’as recherché aucun substitut à la guidance et que tu n’as rien associé à ton Seigneur dans son adoration.
Je témoigne également que le Très-Haut a exaucé la prière de Son Prophète à ton sujet.
Puis Il lui ordonna de révéler ta suprématie et ta Wilāyah et commandement à sa communauté, afin d’élever ton rang, de manifester l’évidence de ta preuve, d’abolir les faux‑semblants et de couper court à toute justification. Lorsque le Prophète craignit les intrigues des corrupteurs et la duplicité des hypocrites à ton égard, le Seigneur des mondes lui révéla ce verset : « Ô Messager ! Transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Et si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protégera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants. »
Alors il porta sur ses épaules le lourd fardeau de cette mission, se leva sous le soleil brûlant de midi, prononça un sermon public, le fit entendre à tous et le proclama à haute voix. Puis il interrogea l’assemblée :
“Ai‑je bien transmis ?”
Ils répondirent : “Oui, par Dieu, tu as transmis.”
Il dit alors : “Ô mon Dieu, sois Témoin !”
Ensuite, il demanda : “Ne suis‑je pas plus digne des croyants qu’eux‑mêmes ?”
Ils répondirent : “Oui, tu l’es.”
Alors il prit ta main et déclara :
Celui dont suis-je son maître (mawlā), Ali est aussi son maître.
Seigneur ! Aime celui qui l’aime, sois l’ennemi de celui qui lui est hostile, soutiens celui qui le soutient et abaisse celui qui refuse de le secourir.’
Malgré cela, seul un petit nombre crut à ce que Allah avait révélé au sujet de toi ; la plupart ne firent qu’accroître leur propre perdition. » (1)
Parole de l’Imam al‑Baqir (paix sur lui)
L’Imam Muhammad al‑Baqir (paix sur lui) déclara à propos du verset 67 de la sourate al‑Maʾida:
« Dieu, le Puissant et Majestueux, ordonna à Son Prophète de proclamer la Wilāyah de l’Émir des croyants, Ali (paix sur lui), et révéla ce verset : « Ô Messager ! Transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Et si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protégera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants. » Il rendit obligatoire l’obéissance des détenteurs de l’autorité (ulū al‑amr), mais les gens ne comprenaient pas encore de quoi il s’agissait. Alors Allah révéla au prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui et sur sa Famille) d’expliquer la Wilāyah tout comme il leur avait expliqué la prière, l’aumône, le jeûne et le pèlerinage.
Lorsqu’il reçut cet ordre divin, le Prophète en fut préoccupé ; il craignait que les gens ne se détournent de leur religion et ne le démentent.
Il se tourna donc vers Allah, sans encore agir. C’est alors que le Très-Haut lui révéla ce verset : « Ô Messager ! Transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Et si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protégera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants. » et il s’y soumit. Ce fut en ce jour de Ghadir Khum qu’il conféra la Wilāyah à l’Émir des croyants, puis il proclama : « Que ceux qui sont présents transmettent ce message à ceux qui sont absents. » (2)
Le rapport d’Ibn Abbas
Le célèbre compagnon Ibn Abbas a rapporté au sujet du contexte de révélation du verset 67 de la sourate al‑Maʾida :
« Ce verset fut révélé le jour de Ghadir Khum à propos de Ali ibn Abou Taleb (paix sur lui). » (3)
Sources :
1- Tafsir Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), vol. 4, p. 164; Bihar al-Anwar, vol. 51, p. 97.
2- Tafsir Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), vol. 4, p. 144; Al-Kafi, vol. 1, p. 289/Nur al-Thaqalayn.
3- Tafsir Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), vol. 4, p. 150 ; Bihar al-Anwar, vol. 37, p. 155/ Bihar al-Anwar, vol. 37, p. 190/. Bucharat al-Mustafa, p. 243/. Shawahid al-Tanzil, vol. 1, p. 251/. Al-Tarā’if, vol. 1, p. 152/. Al-‘Umdah, p. 100/. Al-Manāqib, vol. 3, p. 21/. Al-Burhan.